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    Histoire & Archives

    Les Optants de 1871 : retrouver les traces de vos ancêtres d'Alsace-Lorraine

    Famille alsacienne-lorraine en 1871 devant un poste-frontière marqué de l'aigle prussien, illustrant le choix des Optants.
    12 juin 20267 min de lecture

    La guerre franco-prussienne de 1870 s'est soldée par une défaite cuisante pour la France et par le traité de Francfort du 10 mai 1871. L'Alsace et une grande partie de la Lorraine (essentiellement la Moselle et l'arrondissement de Château-Salins) sont annexées au nouvel Empire allemand. Pour des centaines de milliers d'habitants, une question intime et politique se pose : rester français ou devenir sujet du Kaiser ? Ce sont les Optants.

    Qu'est-ce qu'un "Optant" ?

    L'article 2 du traité de Francfort prévoit que les habitants des territoires cédés peuvent conserver la nationalité française à condition de faire une déclaration d'option et, en principe, de transférer leur domicile hors des territoires annexés avant le 1er octobre 1872.

    On distingue généralement :

    • les optants restés sur place, qui déposent une déclaration mais ne quittent pas leur village (option souvent invalidée par l'administration allemande) ;
    • les optants émigrés, qui partent effectivement en France "de l'intérieur", en Algérie française, voire aux Amériques ;
    • les "non-optants", qui acceptent par défaut la nationalité allemande et deviennent Reichsländer du Reichsland Elsaß-Lothringen.

    Selon les estimations, près de 160 000 personnes ont opté pour la France, dont environ 50 000 ont véritablement émigré. Un chiffre considérable pour une région d'environ 1,6 million d'habitants.

    Un contexte humain bouleversant

    Derrière la statistique se cachent des déchirements familiaux : un fils part à Belfort, à Nancy ou à Paris pour préserver sa nationalité, tandis que les parents âgés restent dans la ferme familiale. Des fratries se séparent durablement, des fiançailles sont rompues, des patrimoines morcelés.

    Les jeunes hommes sont particulièrement concernés : opter pour la France, c'est aussi échapper au service militaire prussien, redouté et long. Beaucoup d'optants s'installent dans le Territoire de Belfort (resté français), en Meurthe-et-Moselle, dans les Vosges, à Paris ou en Algérie, où des villages entiers d'Alsaciens-Lorrains seront fondés.

    Les déclarations d'option : une source en or pour le généalogiste

    Pour le généalogiste professionnel, les déclarations d'option constituent une source exceptionnelle. Chaque déclaration mentionne en général :

    • les nom, prénoms, date et lieu de naissance du déclarant ;
    • sa profession et son domicile au moment de l'option ;
    • le conjoint et les enfants mineurs inclus dans l'option ;
    • parfois le lieu de destination envisagé.

    C'est souvent le seul document qui permet de relier un ancêtre installé à Paris, Lyon ou Alger à son village d'origine en Alsace ou en Moselle.

    Où chercher les actes d'option ?

    Les déclarations ont été recueillies à la fois par les autorités françaises et allemandes. Les fonds principaux se trouvent :

    • aux Archives nationales (sous-série BB/30), pour les listes générales transmises au ministère de la Justice ;
    • aux Archives départementales du Bas-Rhin (67), du Haut-Rhin (68) et de la Moselle (57), où sont conservés les registres communaux d'options ;
    • aux Archives départementales du Territoire de Belfort (90), de la Meurthe-et-Moselle (54) et des Vosges (88), qui détiennent les dossiers d'installation des optants émigrés ;
    • au Bundesarchiv et aux Landesarchive allemands, pour les pendants administratifs côté Reichsland.

    Le Bulletin des lois de la République française a publié, entre 1872 et 1873, de longues listes d'optants admis à conserver la nationalité française : un outil précieux et largement numérisé.

    Pièges méthodologiques à connaître

    Travailler sur les optants demande de la rigueur paléographique et historique :

    • les noms de famille sont parfois francisés (Müller devient Muller ou Meunier) ou germanisés selon l'administration qui rédige l'acte ;
    • les toponymes changent : Mulhouse / Mülhausen, Metz / Metz, Sarrebourg / Saarburg, Château-Salins / Salzburg in Lothringen ;
    • une option déposée ne signifie pas toujours un départ effectif : il faut croiser avec les registres de population allemands et les recensements français ;
    • les enfants nés après 1872 en Alsace-Lorraine annexée de parents optants sont, en droit français, considérés comme Français, ce qui a des conséquences sur les recherches d'état civil ultérieures.

    Pourquoi se faire accompagner ?

    Reconstituer le parcours d'un ancêtre optant suppose de croiser archives françaises et allemandes, d'être à l'aise avec l'écriture gothique, le vocabulaire administratif du Reichsland et la géographie historique de la région. C'est précisément le cœur de mon expertise en tant que généalogiste spécialiste de l'Alsace, de la Lorraine et de la Franche-Comté.

    Si un de vos ancêtres a quitté la Moselle ou l'Alsace après 1871, il est très probable qu'une déclaration d'option documente sa décision. Retrouver cet acte, c'est souvent débloquer toute une branche de votre arbre généalogique et redonner sens à un exil familial longtemps resté silencieux.

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    Origines géographiques et migrations

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